Date de sortie : 24 octobre 2025 | Labels : Riot Season Records, Fuzzed Atrocities
Die est le nouvel album de Brainbombs, le premier à sortir chez Riot Season et c’est étonnant qu’il ne s’agisse que du premier quand on sait que que le vénérable Anglais accueillait déjà Orchestra Of Constant Distress ou Louse (entre autres psychopathes de la répétition) dans ses géniales allées.
Die donc, quelque chose comme le dixième album des Suédois et comme à l’habitude, le titre est plutôt bien vu. Envolées, les explorations post-punk déviantes de Cold Case, on retrouve ici le Brainbombs prototypique et dialectique, celui que l’on ressort lorsqu’on veut expliquer le glauque et le moche sans se lancer dans de longs discours : répétition maladive, trompette flinguée, voix psychopathe, bong bong et tatapoum de trépané et bien sûr, textes invariablement complaisants sur le sexe, la violence et la mort.
D’emblée, l’entité dégueulasse frappe fort avec Midnight Slaughter dont une simple écoute suffit à cerner l’ensemble du disque. Ça vrille de partout et ça reste bloqué sur l’obstacle dont on sait bien qu’il ne sera de toute façon jamais franchi. C’est plutôt enlevé et ça cueille immédiatement. Bien sûr, on a déjà entendu tout ça mais je reste pour ma part infiniment intrigué par la grande capacité de Brainbombs à renouveler entièrement sa panoplie de riffs aliénés sans jamais s’éloigner de son pré carré originel où s’épanouit son chiendent affligé. Avec les quelques mêmes notes, chaque morceau sonne à la fois comme si on le connaissait depuis toujours et comme si on ne l’avait jamais entendu auparavant. C’est vraiment tordu mais pourtant, on continue à explorer inlassablement la même boue visqueuse.
Ce nouveau Brainbombs associe quelques photocopies du titre d’ouverture à des choses plus larvées qui lèvent légèrement le pied. C’est le cas de Cooking You qui porte très bien son nom, l’ossature agissant comme une armée de scalpels soniques qui incisent la peau, font sauter les ongles et les neurones et ébouillantent à feu doux. Il y aussi See You Cry juste avant qui se la joue proto-Stooges, comme si on avait amputé chaque seconde d’I Wanna Be Your Dog d’une bonne moitié. Du coup, on reste drastiquement bloqué sur l’entame qui ne se déploie jamais. Juste après, Long Liz égraine son tempo lent autour de la trompette et file le même mouvement sur presque 7 minutes sans que la sidération ne retombe jamais. Ce ne sont là que quelques exemples mais qui suffisent, je pense, à cerner le disque.
À la toute fin, Kill Again résume très bien l’effet que procure Die et Brainbombs. On avait déjà entendu ça mais on ne l’avait jamais entendu non plus et quand on est persuadé que tous les morceaux se ressemblent, il ne fait aucun doute qu’ils sont tous différents. On sait bien ce qui nous attend à la fin et pourtant, à chaque fois, on y revient.
Et on y reviendra encore parce que cet éloge de la photocopie anxieuse que constitue Brainbombs demeure quelque part une définition saisissante de la vie.
leoluce


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