Commando – Soir Après Soir

Date de sortie : 12 septembre 2025 | Label : Bigoût Records, Dangerhouse Skylab

Soir Après Soir est aussi noir que l’éponyme était blanc. Ce n’est pourtant pas son contraire puisqu’on y retrouve exactement le même punk, le même débit haché-barbelé et les mêmes slogans. La même envie de tout balancer en moins de 90 secondes, de ne pas s’appesantir plus que nécessaire afin de préserver l’urgence et d’accorder exactement la musique aux mots (maux ?). Pas vraiment une surprise puisqu’il s’agit du même groupe, du même carré soudé guitare-basse-batterie-voix (avec quelques chants additionnels, toujours Seb Radix et Ferdi cette fois-ci). Bref, pourquoi une nouvelle chronique quand tout est à l’identique ?
D’abord sans doute parce que Commando agrippe toujours autant et qu’il faut donc en parler. Bien sûr, c’est du punk mais c’est surtout un truc au cordeau. Pas du punk en plastique ou post, encore moins à roulettes. Du punk tout court. Dans sa plus stricte définition : urbain, exaspéré et sans fioritures. Qui est ce qu’il est pour les bonnes raisons. Parce qu’il faut que ça sorte et que ça s’entende quand ça le fait. Ici, pas de solo à vingt-cinq doigts, pas d’ossatures cachées derrière l’ossature, pas de strates sous les strates, pas d’enclaves apaisées : on part du point A, on va directement au B, on expulse tout ce qu’il y a à expulser dans l’intervalle, le plus fort et le plus vite possible – sous peine d’être digéré de l’intérieur, toutes ces saloperies quotidiennes que le groupe encapsule ayant des airs d’ulcère – et on passe au morceau suivant.
D’autant plus que Commando a encore resserré les boulons. Un riff pur et dégueulasse, quelques syllabes vengeresses (jamais plus de 6), des coups de trique et du caoutchouc calciné. C’est tout. Tout ce qui pouvait faire obstacle (et il n’y avait clairement déjà pas grand chose) a été consciencieusement retiré et il ne subsiste désormais que le nerf. Soir Après Soir semble viser l’épure et, tout le temps, l’atteint.
Complètement à l’os, le groupe décuple encore son impact et garde intacte sa grande urgence : à peine lancé, le disque est déjà terminé (et ne vous faites pas avoir, le rond central indique 45 rpm mais c’est bien à 33 qu’il faut l’écouter sinon ça passe vraiment très vite). Ça parle de iench crevé, de médocs et de haine, de Poing Dans La Poche afin qu’il ne finisse pas sur les dents, le tout balancé sur un parterre de tessons qui arrachent l’épiderme et transforment le corps et la tête en cellule capitonnée.
Bref, tout ça est hyper bien fait, sonne parfaitement en plus d’être très addictif et donne envie, comme le premier, de reprendre le moindre slogan à l’unisson.
Saleté.

leoluce

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